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Leçons suggérées
DESCRIPTION
Pourquoi tu n’es pas pareil à l’école et à la maison ?
Certaines vidéos parlent de grammaire ou de calcul, et puis il y a celle-ci, qui invite les élèves de CE2, CM1 et de CM2 à se poser une question toute simple mais vertigineuse. Suis-je vraiment le même partout ? Je raconte l’histoire de Noah, dix ans, un vrai tourbillon à la maison, celui qui fait rire tout le monde à table, et pourtant décrit par sa maîtresse comme un élève réservé et discret. Ce décalage laisse Noah bouche bée et lance toute la réflexion. Existe-t-il un vrai Noah et un faux Noah, et si oui, lequel est le vrai ?
À partir de cette question, j’amène doucement les enfants du côté de la sociologie, cette science qui étudie la façon dont les gens vivent ensemble. Je leur fais découvrir trois grandes idées avec des mots simples. Erving Goffman compare notre vie à une pièce de théâtre, où nous tenons un rôle différent selon la scène, sans jamais cesser d’être nous-mêmes. Émile Durkheim explique que chaque lieu possède ses règles invisibles, qui nous poussent tout doucement à nous comporter d’une certaine manière. Howard Becker montre enfin que la façon dont les autres nous voient finit par déteindre sur nous, comme une étiquette qui nous colle à la peau.
Au cœur de la vidéo, je propose à votre enfant un vrai temps d’arrêt pour réfléchir à lui-même. Est-ce qu’il parle de la même façon en classe, à la maison et avec ses amis ? Et quand il n’est pas tout à fait le même d’un endroit à l’autre, est-ce qu’il ment ou est-ce autre chose ? Le message que je tiens à transmettre est profondément rassurant. Noah ne fait semblant nulle part, et l’enfant qui regarde non plus. On n’a pas un seul vrai soi, on possède plusieurs facettes, et elles sont toutes vraies.
LE CONSEIL DE MAITRE LUCAS
Aider son enfant à accepter ses différentes facettes
Cette vidéo touche à quelque chose que les enfants ressentent souvent sans savoir le nommer, ce sentiment étrange de ne pas être tout à fait le même partout. Si votre enfant s’interroge là-dessus, vous pouvez le rassurer en lui montrant que vous aussi, vous changez de façon d’être selon les situations. Vous ne parlez pas de la même manière au travail, entre amis ou à la maison, et cela ne fait pas de vous quelqu’un de faux. Ce simple aveu aide énormément votre enfant à comprendre qu’avoir plusieurs facettes est parfaitement normal et humain.
Vous pouvez aussi profiter de cette réflexion pour aborder en douceur la question des étiquettes. Si votre enfant se dit toujours le timide, le rigolo ou le turbulent, expliquez-lui que ces images viennent en partie du regard des autres et qu’il n’est pas condamné à leur ressembler pour toujours. Lui rappeler qu’il peut être calme un jour et exubérant le lendemain, sans trahir qui il est, lui offre une belle liberté intérieure. C’est un âge où ces étiquettes se figent vite, et un mot bienveillant de votre part pèse lourd.
Restez enfin attentif aux moments où votre enfant semble mal à l’aise d’un décalage entre deux mondes, par exemple s’il se sent différent à l’école de ce qu’il est chez vous. Plutôt que de trancher lequel est le vrai, vous pouvez lui dire que les deux le sont, tout simplement. Cette idée, qui paraît évidente aux adultes, apaise beaucoup d’enfants qui craignent secrètement de jouer un rôle ou de tromper leur entourage.
Compétences acquises
- Comprendre que l’on peut se comporter différemment selon les lieux sans pour autant faire semblant, car chacun possède plusieurs facettes également vraies.
- Découvrir trois regards de sociologues sur ce phénomène, celui de Goffman sur les rôles, de Durkheim sur les règles invisibles et de Becker sur les étiquettes.
- Réfléchir à sa propre expérience en observant comment sa façon d’être change selon les personnes et les situations.
À qui s’adresse cette vidéo ?
Niveau
CE2 (Cours élémentaire 2e année)
CM1 (Cours moyen 1re année)
CM2 (Cours moyen 2e année)
Matière
Sociologie
Cours
Enseignement moral et civique (EMC), sociologie
Pourquoi tu n’es pas pareil à l’école et à la maison ?
Aujourd’hui, dans cette vidéo, on va suivre Noah. Noah a 10 ans, il est en CM2. Et Noah, à la maison, c’est un vrai tourbillon. Il parle sans arrêt, il imite les voix, il invente des sketchs pour faire rire ses parents.
Chez lui, personne n’imaginerait Noah autrement. C’est le rigolo de la famille, celui qui met de l’ambiance à table.


Un soir, sa mère rentre de la réunion parents-professeurs et elle rapporte une phrase qui laisse Noah bouche bée. La maîtresse a dit : « Noah, c’est un élève très réservé. Il est calme, il parle à voix basse, il lève rarement la main. » Réservé ? Discret ? Noah n’en revient pas, et sa mère non plus. On dirait qu’elle ne parle pas du même garçon.
Et pourtant, s’il est honnête avec lui-même, Noah le sait bien : à l’école, il n’est pas comme à la maison. Dès qu’il franchit le portail, quelque chose change en lui. Il se tient autrement, il parle moins, il se fait plus discret sans même y penser.
Alors, une question le travaille. Est-ce qu’il fait semblant quelque part ? Est-ce qu’il existe un vrai Noah et un faux Noah ? Et si c’est le cas, lequel des deux est le vrai ?

À toi de réfléchir : es-tu le même partout ?
Maintenant, à toi derrière ton écran de réfléchir. Est-ce que toi, tu es vraiment le même partout, en classe, à la maison, avec tes amis ? Est-ce que ta façon de parler change selon les personnes que tu as en face de toi ? Et quand tu n’es pas pareil d’un endroit à un autre, est-ce que tu mens ou est-ce que tu t’adaptes ? Mets pause et prends le temps d’y réfléchir.
Piste de réponse
Il n’y a pas de réponse unique à ces questions personnelles. Tu peux te comporter différemment avec tes amis, à l’école et à la maison, tout en restant toi-même. Adapter sa façon d’agir à une situation ne signifie pas faire semblant.

En fait, Noah ne ment nulle part. Il n’existe pas un vrai Noah et un faux Noah. Il existe un seul Noah, capable de se comporter différemment selon l’endroit où il se trouve. Et ce n’est pas un défaut. C’est exactement ce que font tous les êtres humains. Toi, moi, tes parents, tes professeurs.
Des chercheurs qui étudient la façon dont les gens vivent ensemble, les sociologues, ont analysé ce phénomène très sérieusement. Voici trois de leurs découvertes.

Goffman : des rôles différents selon les lieux
Un sociologue nommé Erving Goffman a proposé une comparaison. Il dit que notre vie ressemble à une pièce de théâtre. Chaque lieu est une scène différente et, sur chaque scène, nous tenons un rôle différent.
À la maison, tu joues le rôle de l’enfant ou du frère et de la sœur. En classe, celui de l’élève. Avec ta bande de copains, un autre rôle. Ce ne sont pas des masques pour tromper les gens. Ce sont des rôles, comme ceux d’un comédien qui reste lui-même, mais qui ne joue pas de la même façon d’une pièce à l’autre.
Goffman remarque même que les adultes font exactement pareil. Ta maîtresse ne se comporte pas de la même manière avec vous, avec la directrice ou avec ses amis. Elle ne ment pas pour autant. Elle change simplement de scène.

Durkheim : les règles invisibles
Mais il y a alors une question : changeons-nous ainsi souvent sans même le décider ? Le sociologue Émile Durkheim apporte une réponse. Selon lui, chaque groupe, chaque lieu possède ses règles invisibles.
À l’école, certaines règles ne sont écrites nulle part, mais tout le monde les ressent. On lève la main, on baisse la voix, on attend son tour. À la maison, ces règles sont différentes. Elles existent avant toi et elles exercent sur toi une sorte de pression discrète qui oriente ta manière d’agir.
Durkheim ajoute que si tu essaies de les ignorer, tu le sens aussitôt. Un regard de travers, un silence gêné, un rappel à l’ordre. Voilà pourquoi Noah devient calme en classe presque malgré lui. Ce n’est pas seulement lui qui change, c’est le lieu qui le pousse à changer.

Becker : le poids des étiquettes
Enfin, un sociologue nommé Howard Becker a mis en lumière un dernier mécanisme. Lorsqu’un groupe nous perçoit d’une certaine manière, nous finissons souvent par lui ressembler encore davantage.
En classe, tout le monde voit Noah comme le garçon calme et sérieux. Alors, sans le vouloir, Noah en rajoute dans ce sens. L’étiquette qu’on lui a posée finit par lui coller à la peau.
À la maison, c’est l’étiquette du rigolo qui lui colle. Peu à peu, on devient un peu la personne que les autres s’attendent à voir.

Résumé : toutes tes facettes sont vraies
Donc, je récapitule. Quand tu n’es pas tout à fait le même à l’école ou à la maison, tu ne fais pas semblant. C’est normal, tout le monde fait ça.
Garde trois idées en tête. La première : à chaque endroit, tu joues un rôle un peu différent, comme un acteur qui change de scène. La deuxième : chaque lieu a ses règles invisibles qui te poussent tout doucement à te comporter d’une certaine façon. Et la troisième : la façon dont les autres te voient déteint un peu sur toi, comme un miroir.
L’essentiel, c’est que tu n’as pas un seul vrai toi. Tu as plusieurs facettes et elles sont toutes vraies.

Alors, la prochaine fois que tu te sentiras différent d’un endroit à un autre, ne t’inquiète pas. Tu ne fais semblant nulle part. Tu n’as pas un seul vrai toi. Tu possèdes plusieurs facettes et elles sont toutes vraies.

Pour aller plus loin : où te sens-tu toi-même ?
Et voici la question que je te laisse à garder dans un coin de ta tête. Existe-t-il un lieu ou une personne avec qui tu te sens vraiment toi-même à 100 % ? Et, selon toi, pourquoi celui-là plutôt qu’un autre ?
Tu peux y réfléchir tranquillement. Et l’on se retrouvera bientôt pour se poser de nouvelles questions. Ciao !




