Il y a 12391 commentaires laissés par les utilisateurs sur le site. Laisser un commentaire pour cette vidéo
Leçons suggérées
Carte mentale : se faire un film de l’histoire
Retrouve sur cette carte mentale les indices du texte, les connaissances personnelles et la règle d’or pour imaginer une histoire sans contredire les mots de l’auteur.

DESCRIPTION
Comment se faire un film de l’histoire ?
Pensée pour les élèves de CM1 et de CM2 (cycle 3), cette vidéo révèle aux enfants ce que fait leur cerveau sans même qu’ils s’en aperçoivent quand ils lisent, car lire ne consiste pas seulement à déchiffrer des mots, mais à construire des images. Ces images qui défilent dans la tête pendant la lecture forment une sorte de petit film intérieur, que l’on appelle le film de l’histoire ou les images mentales. J’explique aux élèves que ce film joue deux grands rôles, celui de mieux comprendre ce qui se passe dans le texte et celui de mieux mémoriser les informations importantes. Je précise aussi avec délicatesse que certains enfants ne voient aucune image en lisant, ce que l’on nomme l’aphantasie, et que cela ne les empêche nullement de comprendre une histoire.
J’apprends ensuite aux enfants comment se construit ce film, à partir de deux sources complémentaires. La première, ce sont les indices du texte, ces mots qui renseignent sur le lieu, l’époque, les personnages, les actions et les sentiments, comme les pièces d’un puzzle qui s’assemblent peu à peu. La seconde, ce sont leurs propres connaissances et expériences, car le texte ne dit jamais tout et chacun le complète avec ce qu’il a déjà vu, vécu ou ressenti. J’insiste sur une règle d’or que les enfants adorent explorer, celle de ne jamais trahir le texte. On peut ajouter ce que l’auteur ne dit pas, mais on ne remplace jamais ce qu’il a choisi avec soin, et la nuance entre marcher vite et courir montre à quel point chaque mot compte.
La vidéo insiste aussi sur une idée précieuse, celle que le film n’est jamais figé et se met à jour au fil de la lecture, chaque nouvelle information venant enrichir ou corriger les images déjà construites. Plusieurs moments de pause invitent votre enfant à s’entraîner par lui-même, d’abord en classant les indices d’un extrait dans un tableau, puis en jugeant si des images mentales sont fidèles au texte, l’enrichissent sans le trahir ou le contredisent. Ce travail développe chez les enfants une lecture active et flexible, celle d’un bon lecteur qui ajuste son film en permanence.
LE CONSEIL DE MAITRE LUCAS
Décrire et ajuster son film intérieur
Les images mentales se travaillent merveilleusement bien à la maison, souvent sans même ouvrir un cahier. Quand vous lisez une histoire avec votre enfant ou qu’il vous raconte un livre, vous pouvez lui demander de vous décrire ce qu’il voit dans sa tête, à laquelle ressemble tel personnage ou tel décor. En mettant des mots sur son film intérieur, il prend conscience de ce que fait son cerveau et il apprend à le rendre plus précis. Rassurez-vous toutefois si votre enfant dit ne rien voir, car certains enfants fonctionnent ainsi et comprennent tout aussi bien les histoires.
Vous pouvez aussi l’aider à devenir un lecteur attentif en jouant avec les indices du texte. Après un passage, demandez-lui où se déroule la scène, à quel moment, ce que ressentent les personnages, en l’invitant à s’appuyer sur les mots précis de l’auteur. Ce petit jeu lui apprend à distinguer ce que le texte dit vraiment de ce qu’il imagine par-dessus, une distinction essentielle qui nourrira plus tard sa compréhension de lectures plus complexes.
Compétences acquises
- Comprendre que la lecture amène le cerveau à construire des images mentales qui aident à mieux comprendre et mémoriser un texte.
- Construire ces images à partir des indices du texte et de ses propres connaissances, sans jamais contredire les informations choisies par l’auteur.
- Ajuster son film intérieur au fil de la lecture, en tenant compte de chaque nouvelle information apportée par le texte.
À qui s’adresse cette vidéo ?
Niveau
CM1 (Cours Moyen 1re année)
CM2 (Cours Moyen 2e année)
Matière
Français
Cours
Lecture et compréhension de l’écrit, production d’écrits
Se faire un film de l’histoire
Hey, salut, et salut à toi derrière ton écran. Je te propose tout de suite de fermer les yeux. Je vais vous lire une phrase et, pendant que je lis, je veux que vous construisiez une image dans votre tête. Attention, je démarre : « Un vieux pêcheur remontait lentement sa barque sur la plage de galets, sous un ciel d’orage. »
Vous pouvez rouvrir les yeux. Décrivez-moi ce que vous avez vu. Mets pause.
— Moi, j’ai vu un homme assez vieux, tout courbé, qui tirait sa barque en bois. La plage était couverte de pierres grises et le ciel était tout noir avec des nuages. — C’est très bien. Tu as construit une image fidèle à la phrase, et tu as ajouté des détails qui venaient de toi. Cette capacité à construire des images mentales pendant la lecture, c’est exactement ce que l’on appelle se faire un film de l’histoire. C’est ce que l’on va apprendre à maîtriser aujourd’hui.


Qu’est-ce que le film de l’histoire ?
Quand on lit un texte, notre cerveau ne lit pas seulement des mots : il construit des images. Ces images qui défilent dans notre tête pendant la lecture forment un petit film intérieur. On appelle cela le film de l’histoire ou les images mentales.
Ces images mentales ont deux grands rôles : elles nous aident à mieux comprendre ce qui se passe dans le texte et à mieux mémoriser les informations importantes. Plus le film que l’on construit est précis, plus on comprend bien la suite.
Certains enfants ne voient aucune image quand ils lisent ou entendent une histoire : cela s’appelle l’aphantasie. Cela ne les empêche pas de comprendre les histoires.

Construire son film avec les indices du texte
D’abord, on peut s’aider des indices dans le texte. On repère attentivement les mots qui nous renseignent sur le lieu (où se passe l’action ?), l’époque (quand ?), les personnages (qui sont-ils ?), les actions (que font-ils ?) et les sentiments (que ressentent-ils ?).
Ces indices sont comme les pièces d’un puzzle. Chaque mot que l’on lit ajoute un détail à l’image que l’on construit.

On construit également ce film grâce à nos connaissances et à nos expériences. Le texte ne dit pas tout : on complète les informations en faisant appel à ce que l’on connaît déjà, comme les lieux que l’on a vus, les personnes que l’on a rencontrées ou les émotions que l’on a ressenties.
Par exemple, si le texte mentionne une plage de galets, on imagine peut-être une plage que l’on a visitée, on entend le bruit des cailloux sous les pieds et on sent l’odeur de la mer.

Ne jamais trahir le texte
Attention néanmoins : en enrichissant notre film avec nos propres connaissances, on ne doit jamais trahir le texte. Si l’auteur dit que la plage est déserte, on n’imagine pas des baigneurs. On peut ajouter des détails, mais on reste toujours fidèle aux informations données par l’auteur.

Un film qui évolue pendant la lecture
Le film que l’on construit n’est pas figé. Au fur et à mesure de la lecture, de nouvelles informations arrivent et peuvent modifier les images que l’on avait déjà construites.
Par exemple, on imagine d’abord un personnage seul, puis on lit qu’un ami le rejoint. Notre film se met à jour : on ajoute ce nouveau personnage à la scène.

— Maître Lucas, dans mon livre, il était écrit que le personnage marchait vite, mais, dans ma tête, je l’avais imaginé en train de courir. C’est pareil ?
— Non, ce n’est pas tout à fait pareil. Marcher vite et courir sont deux actions différentes. Quand on marche vite, on a toujours un pied au sol, alors qu’en courant les deux pieds quittent parfois le sol. L’auteur a choisi le mot « marcher » pour une raison. Si tu imagines le personnage en train de courir, tu modifies une information que l’auteur a choisie avec soin. On peut ajouter ce que le texte ne dit pas, mais on ne peut pas remplacer ce qu’il dit.

Exercices sur les images mentales
Maintenant, à toi de t’entraîner derrière ton écran ! Lis l’extrait présenté dans la vidéo. Repère les indices qui t’aident à construire ton film et classe-les dans un tableau : lieu, époque, personnage, action, sentiment ou ambiance. Tu peux recopier ce tableau sur une ardoise ou une feuille. Mets pause.
Réponse
Pour le lieu : une grande cour pavée d’un collège et le bâtiment principal. Pour l’époque : une froide matinée de novembre, à 7 h 55. Pour le personnage : une fillette aux cheveux nattés, avec une écharpe rouge.
Pour les actions : elle traverse la cour en courant, son cartable rebondit et elle s’engouffre dans le bâtiment. Pour le sentiment ou l’ambiance : la précipitation et l’urgence. On peut en déduire qu’elle est probablement en retard.


Voici maintenant un extrait sur un vieux gardien de phare qui descend chaque matin les marches en colimaçon pour aller chercher son pain au village. Observe les cinq images mentales présentées dans la vidéo. Pour chacune, dis si elle est fidèle au texte, si elle enrichit le texte sans le trahir ou si elle contredit le texte. Mets pause.
Réponse
A : l’image est fidèle et enrichie. Le gardien est un homme âgé et l’escalier en colimaçon correspond au texte. B : elle contredit le texte, qui parle d’un « vieux gardien » au masculin. C : elle enrichit le texte sans le trahir, car le village n’est pas décrit, mais la représentation est cohérente avec un phare.
D : l’image contredit le texte, d’après l’explication de la vidéo sur le trajet du gardien. E : elle enrichit le texte sans le trahir, car les détails imaginés pour l’escalier restent cohérents. Il faut toujours vérifier chaque image avec les mots précis de l’auteur.


Résumé : se faire un film de l’histoire
Je récapitule. Quand on lit, notre cerveau construit des images mentales qui forment le film de l’histoire. Ces images nous aident à mieux comprendre et à mémoriser le texte.
On construit ces images à partir de deux sources : les indices du texte — lieu, époque, personnage, action et sentiment — ainsi que nos connaissances et nos expériences personnelles. On peut enrichir son film avec des détails que le texte ne donne pas, mais on ne doit jamais contredire les informations choisies par l’auteur.
Le film évolue au fil de la lecture. Chaque nouvelle information peut modifier les images déjà construites. Un bon lecteur reste flexible et ajuste son film en permanence.

Lire, ce n’est pas seulement déchiffrer des mots sur une page : c’est réaliser un petit film dans sa tête. Et toi, tu es à la fois le spectateur et le réalisateur de ce film.
Tu pourras revoir la leçon dans quelques jours avec cette carte mentale qui est sur le site maitrelucas.fr, sous cette vidéo. À bientôt !




