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Phonologie CP : apprendre à lire et écrire

Phonologie CP : apprendre à lire et à écrire
Phonologie CP : Apprendre à lire et à écrire

Au début de l’année de CP, j’ai l’habitude de rencontrer les parents d’élèves qui me disent combien cette année est importante pour leur enfant, car il faut apprendre à lire. À cela, je réponds qu’il est certain que la lecture représente un élément central dans tout le parcours scolaire, mais que tout ne se joue pas en CP. En effet, les trois années de maternelle préparent quotidiennement l’entrée dans la lecture en travaillant sur la phonologie, les sons, en distinguant les syllabes, en repérant les lettres, en chantant, en accomplissant des rimes, au travers du langage oral, etc.

De plus, l’apprentissage de la lecture s’étale sur tout le cycle 2 (CP, CE1 et CE2) et peut laisser à chacun l’opportunité d’avancer à son rythme. D’expérience, j’ai enseigné avec de nombreux élèves qui pouvaient lire de petits livres en arrivant en CP et cela n’est pas du tout une garantie de réussite et encore moins d’épanouissement à l’école. D’autres ont démarré l’année de CP sans pouvoir déchiffrer des sons et l’ont terminée en étant d’excellents lecteurs. J’en profite d’ailleurs pour préciser qu’être un bon lecteur ne se résume pas à la capacité à décoder des mots, mais bien de comprendre ce qui est lu. Et pour moi, encore plus important, il doit y prendre plaisir !

J’ai fait un article spécifique pour l’apprentissage de la lecture au CP.

Votre scolarité n’est pas celle des vos enfants

Dans votre propre scolarité, vous avez appris à lire d’une certaine manière et vos enfants sûrement d’une autre. Il y a une époque où les enseignants et les manuels préféraient l’apprentissage global. Il s’agissait alors de reconnaître les mots dans leur globalité en les photographiant et les mémorisant. On ne parlait pas de syllabes et de lettres. Les programmes ont écarté cette méthode en 2002 et elle ne se retrouve que très rarement dans les classes. La méthode syllabique apparaît désormais comme la méthode privilégiée dans les programmes scolaires.

Nous étudions ici les sons pour les combiner et créer des syllabes puis des mots et des phrases jusqu’au livre complet. La méthode mixte combine ces deux méthodes à travers l’apprentissage du code (combinaison des sons) et l’apprentissage de phrases (ou des mots-outils) par cœur. La méthode la plus utilisée en classe est aujourd’hui la méthode mixte. Cependant, le ministère invite les enseignants à privilégier une méthode syllabique « stricte ». Nous y reviendrons.

Les enseignants choisissent alors des manuels qui leur semblent les plus appropriés par rapport au contexte, à la classe, à ses projets, etc. Il est donc fort possible que les manuels diffèrent d’un professeur à l’autre. Mais rassurez-vous, le but reste toujours le même : apprendre à lire. La méthode de lecture organise les apprentissages et notamment l’ordre dans lequel les sons sont étudiés. Il n’y a pas de méthode magique et chacune d’entre elles a ses qualités et ses défauts. Une méthode peut parfaitement correspondre à un élève, mais pas du tout à son voisin. Je vous propose de faire un état des lieux des enjeux de la lecture en CP.

Le code alphabétique

Le code alphabétique correspond au système qui permet à l’enfant de codifier le langage, en apprenant d’abord les sons, puis les syllabes, les mots, etc. La phonologie au CP est donc partie intégrante de ce processus.

Qu’est-ce qu’un phonème, qu’est qu’un graphème ?

Le phonème

Le phonème est le plus petit dénominateur commun du langage parlé après le son. Il s’agit d’une chaîne courte de son. Les phonèmes sont au nombre de 36 dans la langue française. Il y a des phonèmes simples qui ne sont constitués que d’une lettre ([r] = r) et des phonèmes complexes qui sont composés de plusieurs lettres (] = ch).

Le graphème

Le graphème quant à lui représente la plus petite entité d’un système d’écriture et est lié au phonème. Là aussi, il y a des graphèmes simples constitués d’une seule lettre (les lettres de l’alphabet) et des graphèmes complexes composés de plusieurs lettres, mais ne faisant qu’un unique son (ch, eau, oin, etc.). Exemple : phonème [o] = graphèmes <o>, <au>, <eau> (trois graphèmes pour le même phonème). Le français compte environ 130 graphèmes.

C’est la correspondance entre graphèmes et phonèmes qui permet de s’initier à la lecture des mots.

Phonologie CP : partir du phonème ou du graphème ?

De nombreux manuels partent de l’étude du phonème. Il s’agit alors, pour les élèves, de distinguer le son dans une chanson, une poésie, etc., pour ensuite observer la manière dont il s’écrit. Or, il y a 130 graphèmes et un son peut donc s’écrire de plusieurs façons (revoir l’exemple du son [o]). Il peut y avoir de nombreuses confusions à ce moment. Le Ministère de l’Education nationale conseille une entrée par le graphème afin que les élèves partent de la lecture d’une (ou plusieurs) lettre pour arriver au phonème. Comme la plupart des graphèmes ne possèdent qu’un phonème, les confusions sont évitées.

Plusieurs études ont démontré que l’entrée par le phonème nécessitait un effort plus important de la part du cerveau de l’enfant, impliquant une courbe d’apprentissage moins rapide. Pour les plus passionnés d’entre vous, je vous laisserai approfondir le sujet avec le livre « Apprendre à lire, des sciences cognitives à la salle de classe » de Stanislas Dehaene ou de regarder les recherches de Laberge, Meyer, Samuels, etc. Un guide (orange) a été publié par le Ministère pour donner des indications quant à l’apprentissage de la lecture : « Pour enseigner la lecture et l’écriture au CP ».

La phonologie au CP le livre orange de l'éducation nationale pour le CP
Le livre orange de l’éducation nationale

La syllabe

La syllabe se prononce d’une seule émission de voix. Chaque syllabe contient un ou plusieurs phonèmes et au moins une voyelle. Régulièrement, les enseignants apprennent aux élèves à taper dans les mains chaque syllabe. Ce travail s’effectue beaucoup en maternelle. Au CP, je demande en plus aux élèves de distinguer auditivement les phonèmes en les comptant, par exemple, avec les doigts.

Fiche exercice phonologie CP syllabe

Pour construire une syllabe, on combine des phonèmes (la combinatoire). Ainsi, il s’agit de faire lllll+aaaaaa la. Il ne faut pas hésiter à accentuer fortement les phonèmes en faisant attention à ne pas mettre de « eu » à la fin des phonèmes (exemple : llllle+a). Certains élèves comprennent rapidement la combinatoire et combine les sons juste en montrant les graphèmes. Pour d’autres, cet apprentissage prend plus de temps.

puzzle des sons cp

Beaucoup de manuels, voire d’albums de littérature de jeunesse, indiquent des ponts sous les syllabes afin que les élèves lisent des syllabes entières et non les graphèmes de manière isolée. Ainsi, il est plus simple de lire CHO, puis CO, puis LA plutôt que CH, puis O, puis C, puis O, puis L, puis A. Il est important d’identifier les syllabes dans les mots écrits pour ne pas effectuer un découpage du type : CH, puis OC, puis OLA.

À l’oral, les -e muets ne sont pas comptés mais ils le sont dans les syllabes écrites (ex : voi/tu/re).

Identifier le sens :

Lire le mot « chaton » c’est donc maîtriser la correspondance entre les quatre graphèmes et les quatre phonèmes. On saisit immédiatement la signification lorsqu’on est bien entraîné et que notre cerveau a lu le mot en entier. Il est plus difficile pour un élève de comprendre le sens s’il déchiffre lentement et lit « ccccchhhhaaaaattttttttoooonnnn ». Les efforts que lui demande le déchiffrage sont si intenses qu’il oublie ce qu’il a lu au début lorsqu’il arrive à « on ». Il est alors essentiel qu’il prenne l’habitude de répéter en une seule fois le mot. Exemple : « ccccchhhhhhhaaaatttttooooon, chaton ». Vous pouvez aussi le réaliser pour lui. En résumé, l’automatisation de la lecture est fondamentale pour lire les mots rapidement et accéder au sens. L’apprentissage mécanique des syllabes ne doit pas s’accomplir dans une opposition à la compréhension, mais bien dans une complémentarité.

Déchiffrabilité :

Dans une méthode syllabique, il s’agit de ne proposer que des textes entièrement déchiffrables pour les élèves et donc uniquement constitués de phonèmes étudiés. Ainsi, cela évite aux élèves de se retrouver à lire des mots qui ressembleraient à ça : cho*o*at. Plus on avance dans l’année et plus les mots vont se dévoiler aux élèves. Il peut alors arriver que certains textes manquent de richesse et soient complétés par des albums étudiés à l’oral.

Le tempo de lecture rapide est primordial puisqu’il permet de lire suffisamment vite les mots et d’accéder immédiatement au sens. Par contre, un tempo trop rapide ne permet pas de bien consolider les premiers apprentissages.

Au début de l’année, le travail de déchiffrage peut être laborieux jusqu’à ce que les élèves parviennent à une lecture instantanée. C’est alors le moment où ils ont le plus besoin de votre soutien et votre encouragement.

La fluence :

La fluence indique le nombre de mots lus en une minute. Cette mesure permet de suivre la vitesse de déchiffrage des mots. Cet exercice demeure important, car il y a une corrélation forte entre le déchiffrage des mots et la compréhension. Très tôt dans l’année, il est essentiel de faire lire les élèves à haute voix. Or, cet exercice n’est pas toujours évident à mettre en place dans la classe lorsqu’il y a un enseignant pour 28 élèves. L’entraînement à la maison prend ainsi tout son sens, sans pour autant que cela devienne trop contraignant. Vous pouvez, par exemple, initier un rituel de lecture tous les soirs avant le coucher. Au début de l’année, vous lisez systématiquement, puis votre enfant peut repérer les graphèmes et les mots qu’il connait, puis à son tour vous lit des histoires.

Les mots-outils

En fonction des méthodes de lecture, les mots-outils sont plus ou moins présents. Le mot-outil est un mot invariable qui est plus ou moins déchiffrable par les élèves. Certains manuels en proposent beaucoup afin d’accéder rapidement à des textes plus complexes. D’autres n’en recommandent aucun afin de se concentrer pleinement dans le déchiffrage. Ils attendent que les élèves puissent déchiffrer le mot-outil avant de l’aborder dans un texte.

Les mots outils en français

Lecture à voix haute

La fluence permet de suivre l’apprentissage en déchiffrage et il s’agit alors de privilégier la vitesse. Cependant, quand votre enfant a acquis de nombreux automatismes dans le déchiffrage, il peut alors commencer à prendre en compte la ponctuation. Celle-ci nécessite un enseignement spécifique. Il faut ici expliquer leur rôle dans la lecture et s’entraîner à les considérer. La lecture s’en trouvera d’autant plus agréable à écouter et permettra à votre enfant de sortir d’un ton monocorde.

L’écriture des graphèmes

Dès les premiers phonèmes, des dictées sont proposées aux élèves afin qu’ils les encodent ainsi que les syllabes et les mots. Il s’agit de soumettre des syllabes simples sous forme de consonne + voyelle puis de voyelle + consonne. Progressivement, les syllabes deviennent plus complexes : consonne + consonnes + voyelle (exemple : tri) ou consonne + consonnes + digramme (exemple : plein). Lors de la dictée de mots, les élèves doivent écouter le mot en entier pour ensuite distinguer les phonèmes et les retranscrire en graphèmes. Ces premiers exercices permettent de favoriser la mémoire orthographique.

La compréhension

La lecture n’a que peu de sens si elle n’offre pas d’accéder au sens des textes déchiffrés. Le déchiffrage permet de tout lire rapidement, mais il est également nécessaire de s’interroger sur ce qui est lu. N’hésitez pas à poser des petites questions lors de la lecture de votre enfant. Ainsi il va lui-même prendre le réflexe de réfléchir à ce qu’il a compris. Par exemple : « tu as lu “il part à l’école”, qui est “il” ? ». Il est également important de proposer des textes résistants avec du vocabulaire complexe tout en guidant son enfant dans le but qu’il élabore des stratégies de compréhension en prenant en compte le contexte ou la racine d’un mot. Ainsi, votre enfant adoptera rapidement une attitude dynamique face à ses lectures.

L’apprentissage du code est associé à un apprentissage plus poussé au niveau de la compréhension sur des œuvres de littérature de jeunesse choisies par l’enseignant(e). Le travail sur la compréhension nécessite un article dédié.

Phonologie au CP : La méthode de Maître Lucas

Toutes ces choses étant dites, j’ai dû faire des choix pour vous proposer des vidéos sur l’apprentissage du code que je vais vous décrire maintenant.

Principe

Tout d’abord, je n’ai pas la prétention d’avoir créé une nouvelle méthode de lecture. Les vidéos que je propose fournissent une entrée différente qui peut compléter un apprentissage en classe. Elles ne remplacent absolument pas l’école ou son enseignant(e) !

Ceci étant dit, je me suis reposé sur de nombreux ouvrages et méthodes de lecture pour faire des choix dans l’organisation des sons, le vocabulaire utilisé, etc. Je me suis aussi appuyé sur mon expérience en tant qu’enseignant en classe de CP pour créer des outils originaux.

J’ai tenté de proposer une approche syllabique qui part du graphème. Ainsi, chaque vidéo demande à l’élève d’essayer de reconnaître le nouveau graphème afin de le mettre dans une situation active de déchiffrage. Puis, je demande aux élèves de combiner des syllabes consonnes + voyelles et voyelles + consonnes avec deux, trois ou quatre phonèmes. Le doigt permet de suivre la lecture plus facilement.

Les malissons

Chaque nouveau phonème est accompagné de son « Malisson ». Les Malissons sont des personnages monstrueux que j’ai créés afin que les élèves puissent mieux mémoriser la graphie et le phonème en s’appuyant sur une histoire. Il existe également les Alphas qui offrent la possibilité d’associer un son à un personnage.

Ensuite, je montre les mots-outils qui sont déchiffrables et j’en ajoute certains qui ne le sont pas. J’essaye de limiter les mots indéchiffrables, mais en même temps, je ne veux pas attendre le mois de mars pour proposer des phrases avec le mot « est ». Je fais en sorte que les phrases déchiffrables soient rapidement intéressantes sans devoir apprendre trop de mots de manière globale.

Discrimination auditive

Suite à cela, j’offre des exercices de discrimination auditive où les élèves doivent entendre le phonème étudié dans des mots. Dans l’exercice suivant, ils doivent affiner cette discrimination en repérant où se situe le phonème dans quelles syllabes. D’autres exercices d’écoute peuvent être suggérés en fonction des phonèmes étudiés.

Après la discrimination auditive, il s’agit de discriminer visuellement le graphème correspondant dans des listes de lettres, des mots ou des phrases.

Plusieurs autres exercices peuvent être ajoutés à cela où les enfants doivent remettre des syllabes dans l’ordre pour former des mots, retrouver des syllabes manquantes, etc.

La lecture

Ensuite, c’est le moment de la lecture. Je suggère alors de lire des graphèmes puis des syllabes. Le travail sur les syllabes doit s’effectuer à plusieurs reprises et sur plusieurs jours afin de bien automatiser leur lecture pour les raisons évoquées plus haut.

Des phrases sont, en second lieu, proposées avec, dans la mesure du possible, une image à côté afin que les élèves puissent s’appuyer sur le contexte. Lorsque suffisamment de syllabes sont étudiées, je passe à des textes plus complets avec uniquement les graphèmes connus et quelques mots-outils reconnus de manière globale.

Progression

Je vous propose, comme cela est recommandé dans le livre orange, une progression par graphèmes les plus courants. Plus un graphème revient fréquemment dans la langue, plus tôt il doit être abordé ainsi que sa correspondance graphème-phonème.

Je vais aussi introduire les consonnes continues en premier, car celles-ci sont plus simples à apprendre pour l’enfant (l, r, f, v, j, ch, z ou s).

Phonologie CP : apprentissage par la lecture ET l’écriture

L’association de l’apprentissage de la lecture et l’écriture reste essentielle. Vous verrez toujours, dans les parcours que je propose, une vidéo sur le son/lettre et son écriture. La langue française est plus simple à lire qu’à écrire. Maintes études démontrent qu’un enfant qui sait bien écrire aura plus de facilités à lire. De ce fait, je combine des exercices d’écritures aux sons, des dictées, des compositions de mots ou des restitutions de mots.

Observer les lettres en écriture cursive

Je propose d’observer les lettres en écriture cursive pour ensuite donner une explication détaillée du geste à effectuer. Je montre plusieurs exemples et insiste sur les difficultés que les élèves pourraient rencontrer.

Dans l’écriture cursive, il y a des divergences quant à la méthode à employer. Certains pensent qu’il faut soulever le crayon avant les lettres rondes quand d’autres privilégient une écriture avec crayon posé du début à la fin du mot. Dans mes vidéos, je m’appuie sur la méthode Dumont pour la formation des lettres. Ainsi, pour écrire « lo » par exemple, à la fin du « l », je demande aux élèves de lever leur crayon pour démarrer le « o », comme il a été appris, à la première ligne. Il est a priori possible que cette méthode diffère de celle enseignée en classe et il faut donc rester attentif à cela en disant à votre enfant que plusieurs méthodes existent.

Fiches d’écriture sur la phonologie

Je propose également des fiches d’écriture afin que votre enfant puisse s’entraîner. Je ne peux qu’insister sur l’importance d’effectuer cela régulièrement. Le cerveau fonctionne comme un muscle qui a besoin de répétition pour bien mémoriser les gestes et les reproduire ensuite avec plus de fluidité. Cela permet de décharger mentalement votre enfant lorsqu’il doit écrire une dictée de mots. En effet, un élève dont l’écriture solliciterait trop sa concentration risque d’être en surcharge cognitive d’autant plus s’il doit rester attentif aux graphèmes et phonèmes.

écriture du h

Assouplissement des doigts

J’ai également créé une vidéo avec des exercices d’assouplissement des doigts et des conseils quant à la tenue du crayon et du corps.

Mes Conseils pour la phonologie en CP

Dans cet article, vous avez pu voir que l’apprentissage du code et de la lecture est une activité complexe qui mobilise de nombreuses opérations cognitives. Cet apprentissage arrive après trois années de préparation en maternelle qui sont fondamentales pour entrer pleinement dans la lecture. Vous l’avez vu, l’apprentissage de la lecture avec la méthode syllabique peut s’avérer long et rébarbatif quand il s’agit de revoir des lignes de syllabes qui n’ont que peu de sens.

Motiver son enfant et lui expliquer le sens des choses

Il est alors important d’accompagner et motiver votre enfant dans les moments difficiles. Pour cela, rappelez-lui régulièrement le sens de ce qu’il fait : « tu sais, si tu lis toutes ces syllabes c’est pour que tu puisses lire plus facilement les mots », « tu vois tu as bien lu ce mot c’est parce que ton cerveau a mémorisé les syllabes qui sont à l’intérieur ». N’hésitez pas à expliquer le pourquoi des entraînements afin qu’il comprenne le sens et ne se démotive pas.

Je réponds dans cet article à la question : Comment aider son enfant pour la lecture ?

La lecture plaisir

Ensuite, rapidement, il devrait prendre goût à déchiffrer des mots qu’il voit dans la rue, sur des publicités, sur des gâteaux, etc. Le maître mot de la lecture doit rester le plaisir ! Cela passe avant tout par des modèles de lecture qui prennent également plaisir à lire : vous ! Si vous ne lisez pas personnellement, prenez le temps de lire à votre enfant quotidiennement. Au-delà de toutes les compétences qui seront développées en écoutant vos histoires (compréhension, vocabulaire, etc.), il découvrira un modèle de lecteur qui va l’inciter à faire de même.

Je réponds dans cet article à la question : Comment donner le goût de la lecture à votre enfant ?

Phonologie : les enfant n’apprennent pas tous pareil

Une dernière chose me semble importante : aucun élève n’apprend de la même manière ! J’ai régulièrement des questions de parents qui aimeraient savoir où son enfant devrait se situer en décembre dans ses apprentissages et le stress qu’ils ressentent se retrouve parfois communiqué aux enfants. J’ai enseigné plusieurs années en CP et il n’y a aucune règle. Des élèves peuvent lire de petits livres à la rentrée de septembre, mais se reposent sur leurs compétences et ne progressent que peu durant l’année. À la fin de l’année, ils possèdent une fluence (nombre de mots à la minute) moyenne, ne prennent pas en compte les liaisons ni la ponctuation.

A contrario, des élèves partent de zéro en septembre et évoluent de telle manière qu’à la fin de l’année ils se retrouvent dans les meilleurs lecteurs, trouvent du plaisir à lire et créent d’eux-mêmes des voix, etc. Tout ça pour dire qu’il n’y a pas de règles. Des élèves n’arrivent pas à combiner des phonèmes en novembre et progressent d’un seul coup. Parfois, les élèves ne comprennent pas ce qu’ils font pendant des semaines et quand c’est assimilé, les apprentissages deviennent énormes. Tout cela pour dire que le fait de mettre de la pression sur votre enfant ne peut être que contre-productif. N’hésitez pas à discuter avec l’enseignant(e) de votre enfant pour obtenir des informations et des conseils.

Je réponds dans cet article à la question : Comment donner le goût de la lecture à votre enfant ?

Conclusion sur la phonologie au CP

Conclusion Phonologie CP, apprendre à lire et écrire

L’apprentissage de la lecture s’inscrit donc dans une progression qui démarre dès le plus jeune âge et dure longtemps après le CP. Voyez le CP comme une étape où il faut continuer à prendre du plaisir à apprendre. J’observe trop souvent des élèves de maternelle qui perdent le plaisir d’apprendre en arrivant à l’école élémentaire, à cause de la pression qui est exercée sur eux.

C’est aussi une année formidable où votre enfant va lire ses premiers livres seuls. C’est merveilleux de voir un élève lire un livre qu’il a préparé seul devant toute une classe. N’hésitez pas à créer des moments privilégiés avec votre enfant où il peut préparer un livre à lire devant vous, devant les cousins, les oncles et tantes, etc. C’est également la période pour commencer à enrichir sa bibliothèque, trouver les types de livres que l’on aime et en découvrir d’autres (albums, BD, documentaires, romans, etc.).

Encore une fois, la lecture doit rimer avec plaisir !

Et vous, comment vivez-vous l’apprentissage de la lecture de votre enfant ?

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